Pour passer un joyeux (ou pas!) Noel, voici ci contre quelques films en rapport avec la période ou ce gentil barbu, un peu grasouillet, se coince les miches dans la cheminée (abus de buche glacée surement) pour distribuer quelques cadeaux colorés et déguster quelques cookies faits maison en s'abreuvant de lait…Des miettes plein la barbe, il pousse un enthousiaste Ho! Ho! Ho! et, comme chaque année, soupire en pensant à Tim Allen qui va encore le tourner en ridicule (dans Mega ultra Noel de la mort, a voir indispensablement!)…Meery Christmas quand même, Santa Claus!!

« NOEL MOGWAI »
Gremlins, de Joe Dante. (1984).

Cela commence par une drôle de bête qu’un père un peu farfelu offre à son fils…cela commence par quelques règles qu’il ne faut violer…le Vieux chinois le sait, qu’il en faut pas confier Gizmo, le Mogwai mignon comme tout à n’importe qui !..cela commence donc par un délaissement, puis bientôt le pauvre Gizmo libère de méchants faux clones, petites boules détestables de bêtise et de violence…Et la fête peut commencer ! Son conte de Noël, Joe Dante (le seul, l’unique !) l’a réussit de bout en bout, de la première à la dernière image : un cocktail jouissif ô combien jouissif de transgression, qui, en plus de pointer du doigt notre chère société de (forte) consommation, se conclut sur une belle leçon de vie. Quel plaisir de déguster ce délirant film fantastique, film horrifique même, qui, jamais au grand jamais, ne juge les enfants comme de mièvres Denis la Malice tout juste bons à avoir sous les mirettes de petits films d’animation gentillets ! Ici, ses sales bestioles de Gremlins ne respectent rien, prennent un malin plaisir (et nous avec !) à dégommer les habitants de cette banale ville d’Amérique. Ce film culte est l’œuvre d’un passionné, le film étant parsemé de références (« La vie est belle », « l’invasion des profanateurs de sépultures », « Blanche Neige et les sept nains » lors de l’inoubliable scène finale …), et sa qualité doit également beaucoup au travail époustouflant d’un des meilleurs maquilleurs du monde du septième art : Chris Walas (le bonhomme a qui l’on doit, entre autres, la tête explosée du Scanners de Cronenberg, et la mutation affreuse du pauvre Brundle-Mouche dans La Mouche…sans oublier les insectes-machines à écrire du Festin Nu !). Vous l’avez sans doute déjà vu, et vous comptez sûrement le revoir, c’est très compréhensible ! Mais n’oubliez pas, avant de déballer vos cadeaux, de vérifier si votre sapin ne cache pas quelques satanés Gremlins…mieux vaut éviter les mauvaises surprises !
« NOEL TENDRE »
Maman j’ai raté l’avion, de Chris Colombus. (1990).

Il y a des films que vous ne pourrez, a force de visionnages aussi nombreux que les Noël passés, jamais critiqué. On pourra vous dire que le film en question est naïf, niais, sent la guimauve, dépeint le monde comme on le voit trop souvent dans les films américains (les bonnes valeurs familiales, le bonheur collectif, tout est bien qui finit bien..), rien n’y fait : vous continuez à le regarder, la mélancolie en plein cœur, connaissant chaque passage par cœur sans se lasser d’une seule minute ! Maman j’ai raté l’avion, c’est typiquement le film contre lequel je ne peux être objectif. Selon moi, Home Alone (titre en v.o) est le « Christmas movie » par excellence, un film aussi indispensable chaque année que le saumon fumé sur les blennies, ou les guirlandes sur le sapin ! Est-ce du à la musique magique et magnifique du grand John Williams (vous voulez connaître le véritable esprit Noël ? alors il ne vous suffit qu’à écouter le thème du film, ou les quelques airs jazzy enjoués de la b.o…), au scénario aussi simple qu’efficace du regretté John Hugues (le réalisateur de Breakfast Club, La folle journée de Ferris Bueller, Un ticket pour deux…), à l’ambiance typiquement « Noël » (neige et compagnie), aux situations cartooneques si amusantes, à l’interprétation du jeune Macauley Culkin, que beaucoup jugent comme une tête à claques alors que je le vois seulement comme le gamin, rusé comme un renard, un peu (beaucoup, oui !) sadique, qui va défendre par tous les moyens son territoire de méchants cambrioleurs, aussi idiots qu’ils n’ont aucune scrupules ? Ou peut être est ce la simple nostalgie qui me fait aimer le film de Chris Colombus, ce dernier réalisant un peu l’antithèse de Gremlins (doux contre acide), alors que Colombus lui même est à l’origine du projet Gremlins (ce qui est plutôt surprenant quand on y pense !). Quoiqu’il en soit, si certains seront volontiers achevés par le happy end, d’autres, ceux qui ont toujours leurs âmes d’enfants, dégusteront comme il faut cette sucrerie intemporel !
« We wish you a Merry Christmas/We wish you a Merry Christmas/ We wish you a Merry Christmas/ And a Happy New Year…”
“NOEL SPLENNNNDIIIIIID!”
Le père Noël est une ordure, de Jean-Marie Poirée. (1982)

“Je ne vous jette pas la pierre, Pierre !”, “Ça dépend, ça dépasse”, “Ecoutez Thérèse, je n'aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, elle est gentille.”, “C’est fin, c’est très fin, ça se mange sans faim.”, “C’est c’lâ oui…”, “Mais je vous en prie. Figurez-vous que Thérèse n’est pas moche. Elle n’a pas un physique facile… C’est différent.”…Au vu du terrible « Bronzés 3 », on oublierait presque qu’en un temps lointain la bande du Splendid savait encore faire rire, grâce à une verve incroyable qui donnait des dialogues aussi hilarants que cultissimes. Cette adaptation de la pièce de théâtre éponyme (qui aurait pu s’appeler « Le père Noël s’est tiré une balle dans le cul »…ambiance !!) ne souffre pas des ravages du temps, et se pose encore comme un joli doigt d’honneur, un détournement de la vision classique qu’on se fait de Noël (joie et paix !), avec sa pelotée de personnages irrésistibles et grotesques (« affreux, sales et méchants ? ») : un chômeur costumé en père Noël, qui pointe son flingue vers un travesti surnommé Charles Bronson, ce même faux Santa Claus se prenant sur la tronche un bon coup de fer à repasser, coup porté par sa petite amie, laquelle collectionne les huîtres pour en faire des cendriers ! Sans oublier Pierre, le peintre amateur, qui porte une chemise assortie à son divan, Thérèse, qui tricote des moufles à un doigt, Madame Musquin, qui a le don pour s’enfermer dans des ascenseurs en panne et jouer de la trompette pendant des heures…Et ce Kloug aux marrons, ce Dobitchu, ce slow d’anthologie, ce cadavre découpé en morceaux, ce « Putain d’ta mère, salope ! » salvateur…Lors de cette nuit mouvementée au sein du SOS Détresse Amitié, tout le monde pète les plombs et rien ne va plus ! L’enthousiasme des acteurs, les dialogues connus même par le dernier des gus à l’autre bout du monde, l’énergie de l’ensemble : le tout donne plus qu’un bon film : un classique des familles, aussi indispensable que le foie gras. Vous reprendrez un peu de Dobitchu ?…
« NOEL TOUT VERT »
Le Grinch, de Ron Howard. (2000)

Prenez un des meilleurs comiques de tous les temps, galaxies comprises (l’homme élastique Jim Carrey), un bon petit réalisateur bien propre sur lui (Ron Howard, le rouquin préféré d’Hollywood), des décors soignés et des maquillages réussis (Rick Backer à la barre, tout de même !), et vous obtenez une gourmandise fort goûteuse, bien qu’elle ne soit succulente ! De la gentille méchanceté (vous me comprenez…) mêlée à un jolie conte de Noël, adapté du classique de la littérature enfantine écrit jadis par le Dr Seus (Tonnerre de Seus ! pourrait on rajouter…), de son vrai nom Theodor Seuss Geisel. Il est vrai qu’avec un nom pareil, difficile de vendre des bouquins pour les gnomes ! « Bonjour, je voudrais un livre de Mister Theodor…euh…Zeux machin, là… ». Hum. Passons ! De deux solutions l’une : soit vous vous délectez des moqueries faciles, et vous rigolerez doucement à la vision de cette mielleuse gourmandise, certes bien moins transcendante qu’un Gremlins, soit vous acceptez le fait que le Grinch, en histoire divertissante et très colorée qui se respecte, peut être visionnée sans aucun cynisme, comme l’on se gave de chamallows rose bonbon avant le réveillon, pour mieux savourer la dinde par la suite (comment ça, ça n’a rien à voir ??). Mais si cette hideuse créature verte qui veut à tout prix détruire Noël finit par libérer du liquide séminal, vous pouvez aussi en faire autant, quitte à découvrir au fond de votre être un cœur d’artichaut, profondément enfoui. Et si vous ne me croyez pas, tentez l’expérience (au moins pour faire plaisir à Alexandra, la pauvre…) !
Ps : cette chronique est dédiée à Alexandra Louvet. Tu vois, Alex’, moi aussi je l’aime (un peu) ce satané film ! Mais j’espère seulement que tes tonnes de Kleenex achetés ne te reviendront pas trop cher…Amen.
« NOEL FARFELU »
National Lampoon Christmas Vacation, de Jeremiah S. Chechik. (1989)

Ce petit film amusant comme tout est en fait le troisième volet d’une trilogie épique, diffusée chez nous autres sous le blaze de “Bonjour les Vacances”. Si vous cherchez ce National Lampoon troisième du nom, il vous faut donc en tête le titre français, aussi débile que les mauvaises comédies des eighites signées Max Pecas ou Philipe Clair, à savoir… « Le sapin à les boules » ! Non non, ne partez pas ! Car on passe tout de même un bon moment devant cette comédie qui suit une famille comme les autres, les Griswald, se préparer pour les fêtes, avec moults décorations de maison, sapin, repas en famille et compagnie. Le père est aussi gaffeur que Mr Bean (ou qu’Homer Simpson pour rester en Amérique), et tout ne va pas se passer comme il faut. Autant le dire, il y aura un accident de luge supersonique, un sapin brûlé, une vaisselle écrasée, un chat arrivé au Paradis des chats.. tout était prêt pour passer un Joyeux Noël à l’américaine, et pourtant…Au générique du film, on retrouve encore et toujours John Hugues. Il faut dire que le bonhomme a particulièrement brillé en tant que scénariste : mis à part Home Alone et cette trilogie fofolle, on peut citer, comme exemples de son travail, « Beethoven », « Mr Mom » (comédie culte aux USA), « Flubber », le remake de « Miracle sur la 34ème rue »…principalement de beau succès en perspective. Chevy Chase, l’acteur principal, a ce mélange de naïveté et de crétinerie qui le rend aussitôt sympathique, et quelle n’est pas notre surprise de remarquer un autre joli nom au générique (Juliette Lewis, encore gamine, se doutait elle que des années plus tard elle allait dézinguer des vampires aux cotés de George Clooney ??) et même, en tant qu’assistant réalisateur…Franck Capra III, petit fils du réalisateur de « La vie est belle ». Bref, une poilante potacherie, qui, même si elle égratigne quelque peu l’image d’un Noël rêvé, finit sur une happy end. Elle est pas belle, la vie ?…
« NOEL NOIR COMME LA NUIT ET ROUGE COMME LE SANG »
Batman Le Défi, de Tim Burton. (1991)

Un grandiose conte de Noël gothique. Un des meilleurs films de super-héros, qui, pourtant, n’en est pas un. Car qu’a-t-il de « super », cet homme chauve souris, devant faire face à un Pingouin torturé et à une Catwoman à l’esprit non moins déchiré ? On a déjà tout dit, sur ce chef d’œuvre resplendissant signé du maître Tim Burton. Le cinéaste, qui, après avoir signé un Edward au mains d’argent non moins magnifique, nous ressort sa panoplie de conteur unique en son genre, pour nous gratifier d’une histoire aussi obscure que les rues de Gotham. Cruelle, gorgée de décors illustratifs d’une imagination débridée, mettant en scène des personnages aussi affreux qu’ils sont…humains. Tandis que les flocons blancs tourbillonnent en cette nuit, un monstrueux bébé vient au monde. Rejeté par ses parents, il est abandonné sous les égouts. Certains se gavent de marrons chauds et se réchauffent dans leurs nids douillets, cet être perdu, lui, prend place au royaume des pingouins…Tim Burton se centre davantage, il est vrai, sur les adversaires de Batman que sur Bruce Wayne lui même. Cette Catwoman, alias Selina Kyle, symbole féministe et fétichiste, tout de cuir vêtu, en permanence plongée dans l’ambiguïté de son existence…une « chatte » sexy et hargneuse, qui n’hésite pas à griffer un Batman souvent mis à terre…et ce monstre qui se découvre un véritable nom (Oswald Coppelbat) et une humanité par-là même, finissant par rendre l’âme dans un tragique et émouvant final. Obscur, le deuxième Batman de Burton l’est assurément. Ici, l’affection d’un réalisateur pour les déchus, les boiteux, les hideux, est particulièrement forte. Chauve souris, chatte et Pingouin. Tous se combattent et finissent par révéler leur vraie nature. Ce Noël, on ne l’oubliera pas, impressionnés par le mélange des couleurs (la blancheur éblouissante de la neige, le noir, le rouge, le jaune du canari géant, symbole de l’enfance oubliée…), la substance qui ressort de l’histoire, et la beauté du tout.